Il ne fallait rien choisir, rien vouloir - Hermann Hess, Demian.

Il ne fallait rien choisir, rien vouloir - Hermann Hess, Demian.
Je marche dans une ruelle sombre. Je viens seulement de sortir du bus, il est tard, un peu trop tard. Il me reste quelques mètres à franchir avant d'arriver devant la porte de mon appartement. Il fait nuit noire, les lampadaires éclairent à peine cette route, que je commence à connaître par c½ur. L'air est doux, j'aime son odeur. Parfois, je me retourne, de peur que quelqu'un me suive. Je me sens bien, tellement bien. Il me reste un champ à traverser, et je serai chez moi. Je n'ai pas envie de rentrer, je ne veux pas que cette si belle nuit se termine. Ce serait trop dommage, un pur gâchis. Les lampadaires sont désormais loin, je ne vois plus rien, mes yeux s'habituent à l'obscurité. Je pourrais me servir de mon téléphone pour éclairer mes pas, mais je n'en fais rien. Pourquoi gâcherais-je un si joli moment ? Je suis seule, absolument seule. Je sens le vent sur mes jambes nues. Je ris. A ce moment-là, j'ai l'impression, que dans ce champ, tout peux m'arriver, les pires comme les meilleures choses. Pourtant, je me sens invincible, je suis invincible. Sous mes pieds, les branches craquent. Mes cheveux sont emportés par la brise légère typique d'une soirée d'été. Je prends une grande aspiration, je souris, et me décide à avancer. Ici, à cette heure, tout a l'air mort. Je suis la seule à vivre. Au loin, une musique résonne, je m'arrête. Je m'allonge, je réfléchis. Elle doit m'attendre, inquiète, terrifiée. Qu'est ce que ça peut faire, au fond ? J'allume une cigarette, ma dernière. Je râle, il va falloir que je trouve 5¤ avant demain pour m'acheter un paquet. C'est trop cher. Tout est devenu cher, de nos jours. Plus rien n'est gratuit, pas même la gentillesse. Le monde est devenu égoïste, tout comme moi. Je suis une égoïste, on me le dit souvent. Je ne pense qu'à moi, jamais aux autres. C'est sûrement vrai. Rien à foutre. Je finirais en enfer, si jamais il existe. Ma cigarette se consume, j'adore regarder la cendre arriver jusqu'à ma bouche. Le ciel est étoilé, ce soir. Des étoiles, j'en ai aussi dans les yeux. J'ai sûrement un peu trop bu. Quel euphémisme ! Plus tôt dans la soirée, rien ne pouvait m'arrêter, les verres se sont enchainés tellement vite. J'ai fini sur la piste, à danser comme une strip-teaseuse, devant un maximum de garçons, aussi beaux les uns que les autres. Ai-je été ridicule ? Non. Mon état était absolument acceptable comparé à celui de certaines jeunes, trop jeunes, filles présentent au là-bas. A sortir comme elles font, ces gamines gâchent leur enfance, leur préadolescence, si vous préférez. Quelle connerie ! Elles finiront par le regretter, un jour, si jamais, elles s'en rendent compte. Une gamine, j'en suis encore pour une certaine personne, elle m'attend, scotchée à la fenêtre, j'en suis sûre. Alors, allons-y, rentrons. Mettons un terme à cette nuit absolument merveilleuse, mais tellement banale. Je suis prête. Je jette mon mégot, attrape mes clefs et je pars, en direction de chez moi, en direction de nulle part.

# Posted on Thursday, 11 September 2008 at 12:39 PM

Edited on Saturday, 25 October 2008 at 6:23 AM

There's too many lies.

Gaspacho me stimule. Gaspacho me stimule. Gaspacho me stimule.

# Posted on Saturday, 06 September 2008 at 4:13 PM

Edited on Saturday, 06 September 2008 at 6:34 PM

Quand tu sais pourquoi tu aimes quelqu'un, c'est que tu ne l'aimes pas.

Quand tu sais pourquoi tu aimes quelqu'un, c'est que tu ne l'aimes pas.
C'est impossible ce que tu me demandes. Je n'arriverai jamais à ne plus t'aimer.
La pire des drogues reste l'amour. Tu m'as rendu à la vie, redonné goût aux émotions. Partout où j'allais, je ne voyais que ta bouche fraîche et mes yeux s'embuaient en ton absence. Un reste d'innocence me donnait le rouge aux joues. A partir de maintenant et jusqu'à ma mort, chaque fois que quelqu'un prononcera ton prénom devant moi, il est possible que mon regard se perde un petit peu dans le vague. Les autres diront: "il a trop bu, il a des absences", mais moi, je m'en moquerai, je serai déjà loin, contre toi, à Los Angeles entre tes bras dorés, ou à Porto Ercole perdu dans tes longs cheveux salés, à Istanbul et Moscou et Amsterdam contre tes seins crémeux, dans le paradis de l'amour réciproque, ce rêve impossible auquel tu m'as un jour, donné accès.

Première catastrophe inéluctable: la Terre va mourir. Deuxième certitude absolue: je vais mourir aussi. La question du jour est: qui disparaîtra le premier? La Terre ou moi? Je préférerais la Terre, car cela reviendrait au même pour moi. Quitte à crever, autant que ce soit en même temps que les autres. J'espère la fin du monde, par narcissisme. Peut-être tous les hommes sont-ils comme moi; cela expliquerait pourquoi ils cherchent par tous les moyens à déclencher l'Apocalypse: pour ne pas mourir seuls.

L'Egoïste romantique,
Frédéric Beigbeder.

Tu n'es pas Vincent Price, tu es Vincent Dupond.

# Posted on Monday, 25 August 2008 at 5:59 AM

Edited on Saturday, 30 August 2008 at 1:26 PM

Je ne tenterais même pas de mettre des mots sur ces deux semaines dans les landes. C'était trop unique, trop spécial, trop intense pour que j'arrive à le raconter. En tout cas, merci...à tous, pour tout. Et à l'été prochain.

Je ne tenterais même pas de mettre des mots sur ces deux semaines dans les landes. C'était trop unique, trop spécial, trop intense pour que j'arrive à le raconter. En tout cas, merci...à tous, pour tout. Et à l'été prochain.
Simplement, merci à Mathilde d'avoir été là. à Laura, qui me supporte depuis 2 ans. à Kevin, pour tout. à Antho' et Fabiou d'être ce qu'ils sont. Et aux autres, sans qui rien n'aurait été possible.

# Posted on Friday, 22 August 2008 at 9:05 PM

Edited on Wednesday, 03 September 2008 at 2:55 PM

De retour sur Lyon, après un mois.

De retour sur Lyon, après un mois.
Alors c'est ça le Rock'n'roll est devenu un pur mensonge? Un monde auquel tout le monde croit appartenir sous pretexte qu'il porte des slim et qu'il connait toutes les chansons des babyrockeurs par coeur. Un putain de mensonge, ouais. Parce qu'il ne suffit pas de se croire Rock'n'roll pour l'être. Il faut vivre, penser, agir Rock'n'roll. Ca ne s'éduque pas. A notre époque, il y a plus de groupies que de vrais fans présentent dans les salles de concerts. Certes, il faut de tout pour faire un monde, mais on arrive à un stade où l'overdose est inévitable.
Les premieres fois, se faire bousculer par des gamines pleines de sueur et completement hystériques, on peut trouver ça drôle, mignon. Mais à la longue, c'est la crise de nerfs. Ne pas pouvoir profiter d'un concert, d'une mélodie, d'une voix, d'une vraie ambiance inexplicable seulement parce que ces même jeunes filles couvrent la musique avec leurs cris de groupies, c'est totalement, absolument inssuportable.
Et puis merde, oui, c'est un mensonge.
Tout le monde se persuade que c'était mieux avant: moins de regles, de dangers, plus de liberté...Et c'est sûrement vrai, oui, c'était certainement mieux avant. Mais justement, c'était AVANT et c'était unique, c'est cette période que beaucoup aurait aimé vivre, moi la première, mais qu'on ne vivra jamais.
Alors AGISSONS! Au lieu de regretter une époque révolue, une époque que l'on a même pas connu, faisons en sorte que notre époque soit marquante, qu'elle nous ressemble. Agissons pour que dans 10 ou 20 ans, ce soit nos enfants qui regrettent d'être né trop tard.

# Posted on Friday, 22 August 2008 at 4:25 PM

Edited on Friday, 22 August 2008 at 8:39 PM